| Non ce nest pas la fatalité! Invoquer la fatalité, ce serait offenser la mémoire dune enfant qui ne demandait quà vivre et faisait confiance aux règles que les adultes ont instituées. Cest aussi laisser entendre que rien ne peut changer. Au moment de laccident le feu était vert pour Juliette et il létait aussi pour le car qui tournait à droite. Si les règles de la circulation en ville menacent notre vie de piéton, et celle de nos enfants encore plus, changeons-les. La responsabilité est collective en la matière et le politique, celui qui gère la cité, doit agir. Des nations ont su rendre la ville plus sûre. Au Canada par exemple, celui qui circule à pied est reconnu non seulement en droit mais aussi en fait : le système généralisé des feux décalés interdit aux véhicules de croiser à droite ou à gauche un piéton prioritaire. Il ne sagit pas là dune mesure révolutionnaire. Elle peut tout au plus réduire un peu notre vitesse au volant et inviter à respecter lautre. On ne voit pas pourquoi la France, pays des Droits de lHomme, tarde encore tant à renforcer celui de garder la vie sur la voie publique. Certains ont cru pouvoir avancer que la cause du drame pourrait être imputée à "langle mort dans le coin du pare-brise". Est-il normal dès lors de laisser circuler en milieu urbain, fortement peuplé et toujours en mouvement, des véhicules de transport conçus pour dautres types de déplacements, et qui, sans aménagements, apportent la mort, le handicap et la souffrance dans la ville? Osons espérer que ces situations ne perdurent pas pour de seules raisons économiques. Pour donner sens à lheureuse initiative du Président de la République davoir déclaré la sécurité routière cause nationale en 2002, les pouvoirs publics doivent entendre la voix des citoyens qui refusent dêtre maintenus au rang de victimes. Non, la fatalité nexplique et ne justifie rien : "cest lexcuse des âmes sans volonté " écrivait déjà Romain Rolland. Hubert Giquelet Vice-Président Espace Piéton Paris |