SÉCURITÉ ROUTIÈRE ET CIRCULATION
LA RESPONSABILITÉ DES DIFFÉRENTS ACTEURS
Avis du Conseil économique et social
Présenté par M. Philippe Da Costa
Publié le 20 juin 2007
Le Conseil économique et social scrute la responsabilité des acteurs de la sécurité routière
La rue et la route appartiennent à tous. C’est le message que le Conseil économique et social (CES) fait passer dans un rapport consacré à la sécurité routière, publié en juin 2007. Avec un état des lieux complet de la question, le CES mesure le chemin parcouru, pointe les insuffisances, exprime les attentes et propose des améliorations nécessaires. Appelant à dépasser une vision technique de la sécurité routière, le CES est convaincu que la question du partage de l’espace commun de circulation se pose aujourd’hui en termes de choix de société.
Un partage raisonné de la rue
Pour un espace de circulation socialisé où il serait possible de se déplacer dans le respect de chacun, en toute sécurité, quel que soit le mode de locomotion utilisé, le CES préconise de penser la ville autrement, pour réaménager les flux et les modes de déplacement. Le Conseil recommande de généraliser des aménagements nouveaux propres à assurer la sécurité des usagers les plus vulnérables : trottoirs traversants en ville, zones 30 près des écoles, zones de rencontre, prise en compte des handicaps, aménagements cyclables. Il appuie la création d’un code de la rue pour introduire dans le code de la route un principe de prudence, inspiré de l’exemple belge. Il appelle surtout à faire entrer la sécurité routière dans la vie quotidienne par la prévention, l’éducation et la participation des usagers et des associations.
Développer une culture de la sécurité routière
Diffuser les bonnes pratiques, créer des outils d’évaluation, expérimenter. Le CES propose des solutions pour responsabiliser et impliquer les différents acteurs de la circulation : les politiques qui doivent débattre et agir pour un meilleur partage de l’espace public, les aménageurs qui ne détiennent pas seuls les bonnes solutions, les usagers enfin qui s’approprieront d’autant mieux les règles qu’elles seront porteuses du « mieux vivre ensemble ».
Au terme de ce travail, sont analysées sans complaisance, avec lucidité, pragmatisme et ambition, les solutions pour créer, en milieu urbain tout spécialement, des conditions de circulation humanisées.
Sensible au sort des usagers les plus exposés, piétons et cyclistes en l’état actuel de la réglementation et des infrastructures, le CES est convaincu que les pouvoirs publics ont obligation d’agir et de réussir pour répondre au défi que représente la sécurité routière pour les années à venir.
Et après ?
Le Conseil économique et social n’est certes qu’une instance de recommandation. Mais organisme collégial représentatif, ses avis et rapports sont délibérés après entretien avec une pluralité de responsables (politiques, administratifs, professionnels, syndicats, associations, élus, entreprises, etc.). Ses travaux reflètent une position de la société sur un sujet donné, à un moment choisi, que ne peuvent ignorer les autorités publiques.
