Prises et ancrages
L’auteure énumère différents repères offerts par l’environnement dont le marcheur peut se saisir lors de son parcours.
Il peut s’agir de repères d’orientation actifs :
- Signalétiques, utilisés principalement par les personnes qui découvrent les lieux,
- Lieux communs partagés par un large nombre de marcheurs. Il s’agit alors en général de repères naturels, d’infrastructures, architectures remarquables, etc, qui sont autant de lignes de guidages pour le piéton qui part à la découverte d’un espace. Pour les familiers d’un environnement, on parle de repères « ordinaires», qui sont «par leur essence même, innommables», et sont «autant de cailloux que nous essaimons pour mieux les récolter au gré de nos passages successifs».
- Recours à d’autres personnes en réel ou par téléphone pour obtenir des informations sur l’itinéraire à suivre.
Ligne de désir et contraintes directionnelles
La ligne de désir signifie «la courbure optimale du tracé qu’un piéton laisse dans son sillage lorsqu’il est totalement libre de son mouvement ». Mais cette notion est contrariée par les «contraintes directionnelles» réparties sur le territoire urbain, comme les passages pour piétons, la circulation à moteur, « les espaces publics mobiles» auxquels il faut ajouter les «espaces publics immobiles» installés sur les parcours afin de permettre aux piétons de jouir autrement de l’espace urbain. Ce sont tous les équipements destinés à faciliter l’accès et permettre de mieux accueillir le piéton : bancs publics, terrasse de café, kiosques à journaux etc…Entre tous ces dispositifs, le désir du marcheur urbain tend à lui permettre de privilégier «l’accès le plus direct possible à la destination». Toutefois, cela comporte des risques. «Les piétons font des compromis pour minimiser ce risque lorsque des dispositifs le permettent, tout en essayant de préserver au maximum la ligne de désir optimale qui serait originellement leur choix».
Traits d’union
Parmi tous ces dispositifs urbains, il existe ce que l’auteure intitule les «Traits d’union et entraves » qui sont autant «d’éléments particuliers qui font sens pour le marcheur». Ce sont «deux types d’éléments régulateurs des espaces» traversés. Il peut s’agir de «traits d’union» agissant comme «facilitateurs» de la marche ou d’autres de «type sécant qui posent une limite». «C’est justement dans cette oscillation entre les divers agencements proposés par l’environnement construit que le marcheur va composer, …, les partitions de ses parcours au quotidien».