"Rues à vivre" en Europe
Conférence "Child street 2005"
Delft Pays-Bas, août 2005

Auteur : Claude Van Valenberg
Mise en ligne : juillet 2006
Source : Francine Loiseau
Amarcande, Paris
pour le Certu, Lyon
Grande Bretagne, les home zones
Définition : "une rue résidentielle où l'espace est partagé entre les conducteurs de véhicules à moteur et les autres usagers, en gardant à l'esprit les besoins plus généraux des habitants."
L'objectif étant, selon le ministère, "de modifier la manière dont les rues sont utilisées et d'y améliorer la qualité de vie en les transformant en espaces pour les personnes et non seulement pour les véhicules."
Pas de priorité piétonne dans les "home zones"
Dans les home zones, le statut des catégories d'usagers ne change pas par rapport aux autres voiries et, en ce sens, par rapport à la situation française - et même suisse - la "home zone" se rapproche (du point de vue réglementaire) de la zone 30.
Selon Tim Gill, il existe de 80 à 100 home zones au Royaume Uni (début 2005), celles ci ont permis aux enfants de réinvestir la rue et il existerait une amélioration du lien social.

Danger de lenfant dans la rue
Un thème est apparu avec constance dans les débats et évaluations au Royaume Uni: le comportement vis-à-vis des enfants qui a souvent amené des réponses et des vues contradictoires des acteurs impliqués. Est-il oui ou non acceptable ou "sûr" de laisser les enfants et les jeunes être seuls dehors dans la rue? Est-ce un comportement à encourager au contraire? Se pose ainsi en filigrane la question de la vulnérabilité des enfants et du danger de la rue et de la circulation motorisée, tous deux liés à la notion de risque. Jusqu'à aujourd'hui, la réponse des parents et des décideurs a été de tenter d'éliminer le risque en "retirant" les enfants de l'espace public... alors que l'on sait pertinemment qu'il est impossible de créer une situation de risque "zéro" et que, en croyant éliminer un risque, on en crée d'autres. Dans le cas des enfants et de leur présence dans la rue, il s'agit de leur santé physique et mentale et de leur capacité à acquérir des pratiques de vie "sur le tas", indépendamment et en dehors de la présence-interférence des parents.
Concevoir un espace public "pour tous"
Boudewyn Bach, professeur d'urbanisme et de circulation à l'Université de technologie de Delft : email
Pour B. Bach, le plus important dans ce domaine est le principe de départ: fonder la conception de l'espace public et de l'aménagement de la rue sur les besoins (et trajets) observés et/ou désirés par les utilisateurs qui dépendent de son usage direct (parents, enfants, autres accompagnants, personnes âgées, à mobilité réduite,...) dans la journée. Que ce soit pour se déplacer (principalement à pied ou à vélo) ou pour d'autres activités sociales de proximité, comme le jeu des enfants.
En prenant ces besoins et trajets journaliers comme point de départ, en les projetant sur des cartes, on peut en dégager des utilisations et des cheminements communs que l'on peut relier en un véritable réseau en ré-aménageant et en reconstruisant l'espace public "autour". Soit en limitant ou en interdisant l'accès à la circulation motorisée, soit, en réduisant la vitesse et le stationnement automobiles, si la voiture continue de pénétrer ou d'accéder à l'espace retraité. In fine, cela réduit la nécessité de se déplacer en voiture et d'aménager les parkings qui "vont avec" et résulte donc en une réduction des nuisances et des coûts d'aménagement et en une amélioration de la sécurité et de la qualité de vie pour la collectivité et surtout pour les populations visées.

Selon lui, près de l'habitat, des écoles, des hôpitaux et autres lieux publics, l'aménagement se ferait en type cour urbaine et, au delà de ce premier "cercle", en zone 30.
Pour conclure ou résumer, B. Bach estime que "ce qui est bon pour les enfants est bon pour les personnes âgées est bon pour la majorité des gens".
Les zones de rencontre au secours de la santé des enfants
Marco Hüttenmoser (email - site web), chercheur, KUM (Centre de recherche et de documentation sur l'enfant et son environnement).
Même si le nombre et la gravité des accidents a diminué au cours des dernières années, non seulement en Suisse mais aussi dans d'autres pays européens, la question des enfants dans la rue et dans la circulation ne doit pas être posée exclusivement en termes de sécurité. En effet, moins d'enfants (à pied, à mobilité indépendante) dans la rue, signifie forcément moins d'accidents, mais est-ce bon pour leur santé physique, mentale et sociale et celle de nombreux adultes?
Pour améliorer à nouveau la santé de nos enfants et ladite "qualité de vie", il faut reconquérir l'espace-rue à l'intention des enfants et le rendre plus vivable et plus sûr pour tous en ne laissant pénétrer que très peu de voitures dans les quartiers où l'habitat domine. Et aménager pour cela, "à l'intérieur des zones 30, des "home zones" [cours urbaines] comme disent les Britanniques et/ou des "zones de rencontre" comme disent les Suisses. Ces espaces doivent être conçus de telle manière que les automobilistes peuvent à peine y accéder et, en tout cas, s'ils y ont vraiment leur destination, y entrer à vitesse réduite."
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Introduction
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Pays-Bas
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Royaume-Uni
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Suisse
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Conclusion
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