Données OMS sur les accidents piétons

La gestion du risque (4/4)



Le risque pour une personne est fonction de 4 éléments
- L’exposition au risque (plus les déplacements sont nombreux, plus le risque est grand)
- La probabilité de survenue d’un accident pour le véhicule emprunté.
- La vulnérabilité (fonction de l’âge, du type de choc)
- Les soins dispensés après l’accident

Si on reprend la matrice de Haddon on se placera avant, au moment et après la collision.

1 - Avant collision

11 - Diminuer l’exposition au risque
Le risque augmente en même temps que l’intensité du trafic, d’autant plus si les types de véhicules sont différents et se côtoient avec des vitesses différentes.
- Diminuer le trafic :
On peut réduire la longueur des déplacements (favoriser l’habitat regroupé avec des infrastructures complètes). Prioriser des transports en commun
- Séparer au maximum les usagers de taille et de vitesse différente :
On peut diminuer l’intensité des expositions (aménagement d’itinéraires pour les usagers vulnérables, découragement des déplacements inutiles , interdiction de circulation de gros volumes à certaines heures, …), en s’appuyant sur une évaluation d’impact avant de planifier.


Le système routier devrait être conçu de manière à ce que les itinéraires les plus courts soient aussi les plus surs pour les usagers de la route vulnérables


12 - Diminuer les conduites à haut risque
- Limiter les accès à certaines parties du réseau routier en fonction de la vitesse des utilisateurs
- Limiter la puissance des 2 roues
- Réglementer l’utilisation des véhicules par les jeunes conducteurs par un permis progressif
- Construire les routes et les carrefours dans une optique de sécurité de tous et non seulement en fonction des besoins des utilisateurs de véhicules à moteur.
- Une route bien conçue incite les conducteurs à respecter naturellement la vitesse limite souhaitée. Il faut une signalisation particulière sur les zones de transition entre 2 tronçons de routes à vitesse différente, (bretelles d’accès aux autoroutes, entrées dans les villages, dans les zones résidentielles..)
- Diminuer la vitesse en ville : Les piétons et les cyclistes ne sont en sécurité relative que sur les routes où les véhicules à moteur circulent à moins de 30 km/h et s’ils en sont séparés, en veillant tout particulièrement aux intersections.
Des mesures de ralentissement sont nécessaires (rétrécissement de chaussée, rond-point, bande rugueuse…). La ville de Baden a réduit de 60% le taux d’accidents en limitant à 30 km/h, 75% de son réseau routier.

13 - Améliorer la visibilité des véhicules et des usagers vulnérables. « Voir et être vu ».
- L’allumage des feux de jour réduit l’incidence des accidents de voiture de 10 à 15 %, et de 25% des tués.
- Les feux stop arrière en hauteur réduisent de 15 à 50% les collisions par l’arrière.
- L’éclairage des remorques des camions reste à améliorer.
- Pose de réflecteurs sur les vélos. 30% des accidents se produisent la nuit et sont du à un éclairage inadapté.
- Port de vêtement clairs ou réfléchissant pour les piétons ou les cyclistes.

¸ Améliorer la conception des bicyclettes (Les cyclistes se sont pris les pieds dans les rayons dans 3/4 des accidents de vélo aux Pays-bas !)

¸ Concevoir des véhicules intelligents : avertisseurs sonores en cas d’absence de bouclage de ceinture, régulateurs de vitesse, système d’analyse de l’haleine à interrupteur d’allumage.

14 - Faire respecter les règles de sécurité routière.
L’amélioration et l’application du code de la route permettrait de faire baisser de moitié le nombre de tués et de blessés graves.
- La vitesse : les radars
- L’alcool (y compris pour les piétons!) : les tests et contrôles
- Les drogues
- La fatigue (risque majeur entre 2h et 5h du matin, si moins de 5 h d sommeil dans les 24 h précédentes, sensation de sommeil, consommation d’alcool, route monotone, conditions météo extrêmes). Fréquemment impliquée (50%) dans les accidents de camion.
- Le respect des feux au carrefour : caméras de surveillance (baisse de 30% des accidents de carrefour en Australie)
- Le port de la ceinture
- Le port du casque pour les deux-roues. 75% des décès sont liés à des traumas craniens et le port du casque réduit le risque de blessures graves de 20 à 50%, y compris chez les cyclistes.
- L’interdiction d’utiliser le téléphone portable.

15 - Les campagnes d’éducation et d’information du public.
Elles sont efficaces si elles s’accompagnent d’un appareil législatif et répressif.


2 - Au moment de la collision
21 - Protéger les conducteurs et les passagers des véhicule à moteur : éliminer les écueils en bordure de route, éclairer, mettre des glissières de sécurité qui empêchent les véhicules de sortir de leur voie de circulation, prévoir des amortisseurs d’impact sur les piliers de pont.

22 - Améliorer la conception du véhicule (les défauts de véhicules entrent dans 3 à 5% des accidents). Le problème majeur est la différence de poids et taille entre les véhicules.
En Europe 2/3 des piétons tués sont heurtés par l’avant d’une voiture, 11% par une autre partie et 23% par d’autres types de véhicules.

23 - Améliorer les comportements des véhicules en cas de choc entre eux mais surtout vis à vis des piétons et des cyclistes. L’application des lois sur la conception de l’avant des voitures est actuellement inexistante en Europe, mais pourrait sauver 2000 vies par an.

24 - Protéger les occupants des véhicules : intégrité de l’habitacle en cas de choc, ceintures de sécurité, airbags.


3 - Les soins apportés après accident.
Ils sont fonction de la réaction des personnes présentes sur les lieux :
- Appeler les services d’urgence (en France appeler le 15, un numéro international serait un progrès),
- sécuriser les lieux de l’accident,
- éteindre l’incendie éventuellement,
- pratiquer les premiers soins. La formation est importante.
-
Assurer une bonne prise en charge hospitalière
Améliorer la réadaptation


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Anne Lecoq
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