Le "code de la rue" en Belgique

Dispositions (2/2)



Zones de rencontre
Le concept "zone de rencontre" a été créé. Ces zones peuvent être instituées dans les quartiers commerçants, touristiques, d'artisanat, scolaires, etc. Un panneau spécifique informe les usagers, et des aménagements y sont réalisés. "La vitesse y est limitée à 20 km/h. Les piétons peuvent utiliser toute la largeur de la voie publique; les jeux y sont autorisés". (1) (L'arrêté stipule "activités récréatives"). Les conducteurs ne peuvent ni gêner les piétons, ni les mettre en danger, et doivent au besoin s'arrêter. Les piétons ne peuvent entraver la circulation sans raison.

Le trottoir traversant
Habituellement, le cheminement des véhicules sur la chaussée est continu, et ce sont les piétons qui doivent quitter le trottoir et descendre sur la chaussée pour traverser la rue que l'on coupe : les piétons doivent donc traverser le domaine des voitures. Avec le nouveau concept du trottoir traversant, aux endroits où il est instauré, c'est le contraire. Tout est inversé, le cheminement des piétons n'est pas interrompu : le trottoir continu à sa hauteur et c'est la chaussée des voitures qui est coupée par le domaine piéton.

Les agglomérations à 30 km/h
Il devient possible d'instaurer une limitation de vitesse à 30 km/h sur l'ensemble des voies d'une agglomération : il suffit pour cela de surmonter le panneau d'entrée d'agglomération par le panneau mentionnant la vitesse limite de 30 km/h.

Les zones "abords d'école"
L'instauration d'une zone 30 est obligatoire, aux abords de toutes les écoles, sans exception, avec une volonté d'élargir la zone 30 au maximum, afin d'englober l'ensemble des itinéraires utilisés par les écoliers. (Lors de ma récente rencontre avec Tom De Schutter (2), je lui ai posé la question de savoir comment s'assurer de l'application effective de cette obligation. Sa réponse a été que les autorités sont déterminées sur cette obligation et qu'elles envisagent de vérifier son application et espèrent persuader les villes qui ne l'appliquent pas – JR).

Le sens unique limité (SUL)
On oublie que la raison la plus courante qui préside à l'instauration d'un sens unique n'est pas la sécurité, mais la difficulté pour deux voitures de se croiser. En appliquant l'interdiction d'un sens aussi aux cyclistes, cette raison ne tient plus et les oblige souvent à emprunter des voies à trafic plus important ou plus rapide, ce qui les effectivement en danger. Une disposition du Code de la rue dispose que "tous les sens interdits, à de rares exceptions près pour des raisons particulières de sécurité, devront être ouverts aux cyclistes roulant à contre sens du trafic général." (1)

Les chemins agricoles
Cette notion instaure le concept de chemin réservé à la circulation des véhicules agricoles, des piétons, des cyclistes et des cavaliers, ainsi que des véhicules se rendant dans les parcelles riveraines. Un panneau carré bleu signale ce type de voie : il représente un tracteur, un cavalier, un vélo et deux piétons. Ceci constitue, en fait, une extension possible, aux voies actuellement ouvertes à la circulation, du concept connu sous le nom de RAVEL et qui concernait, par exemple, les chemins de halage ou des anciennes lignes de chemin de fer désaffectées.

Les fins de bandes cyclables
Antérieurement (et c'est toujours le cas en France dans les dessins types), la fin d'une bande cyclable comportait un trait oblique "céder le passage". Ce trait a été supprimé, et le cycliste continue sa progression devant lui sur la chaussée après la fin du marquage séparant la bande cyclable de la chaussée, ce qui est parfaitement logique puisque la largeur de la chaussée ne change pas : le "céder le passage" n'a aucune raison d'être ici et relève d'un ostracisme anti-cycliste.

Les rollers
Une position claire, réfléchie et logique a été prise concernant la circulation des rollers. Nous nous contentons de signaler ci-après seulement les deux règles s'appliquant en ville aux rues limitées à 50 km/h, car c'est le cas le plus courant :
– si le patineur a moins de 16 ans, il doit circuler sur le trottoir (à l'allure du pas) ou la piste cyclable, et pas sur la chaussée.
– si le patineur a plus de 16 ans, il doit circuler sur la piste cyclable, et à défaut, sur le bord droit de la chaussée ou sur le trottoir à l'allure du pas.
– les voies à statut spécial (zones de rencontre, zones piétonnes, etc.) admettent bien entendu les rollers, quel que soit leur âge.

Cyclistes en groupe
Les groupes d'au moins quinze cyclistes sont dispensés de l'obligation d'emprunter les pistes cyclables, et peuvent rouler en permanence à deux de front, à condition que le groupe soit accompagné d'au moins un véhicule d'escorte (un véhicule si moins de 50 cyclistes) qui suit le groupe.


Conclusion
Toutes ces nouvelles règles peuvent vous paraître nombreuses et parfois un peu compliquées. Pourtant, lorsqu'on les examine de plus près, on se rend compte qu'elles répondent à une certaine logique et qu'elles visent toutes le même objectif : offrir davantage de sécurité à chacun et faire que la vie en agglomération y soit plus belle et plus agréable pour tous.

(1) extrait de la brochure "Le code de la rue…La rue pour tous" édité par l'IBSR (Institut belge de sécurité routière).
(2) Tom De Schutter est chef du service Mobilité à l'union des villes et communes de Wallonie.


Précédent

Jacques Robin
© Espace Piéton